Gazéification hydrothermale

La gazéification hydrothermale : produire du biogaz à partir des déchets et résidus de biomasse liquides

Complémentaire des filières de méthanisation et de pyrogazéification, la gazéification hydrothermale permet de valoriser des déchets et résidus de biomasse liquides comme les boues de stations d’épuration, les digestats issus d’unités de méthanisation, les effluents organiques d’activités industrielles ou encore les effluents d’élevage.
Cette technologie innovante
pourrait à elle seule fournir une production de gaz renouvelable représentant jusqu’à 1/3 de la consommation française de gaz à l’horizon 2050. Elle offre une solution pertinente pour diminuer la quantité de déchets ultimes et développer l’économie circulaire.

 

Une technologie de pointe ancrée dans l’économie circulaire.

La gazéification hydrothermale est un procédé thermochimique à haute pression (250 à 300 bar) et à haute température (entre 400 à 700°C), qui consiste à traiter et convertir en un gaz renouvelable des déchets organiques liquides contenant peu de matière sèche (entre 5 et 25%).

Le procédé permet de produire un gaz de synthèse riche en méthane doté également de l’hydrogène et de gaz carbonique. Selon le type de procédé utilisé, avec ou sans catalyse, la part volumique de méthane dans le gaz varie entre 50% et jusqu’à 60%. Elle peut même être amenée jusqu’à 85% en injectant de l’hydrogène en amont du gazéifieur. En fonction de la biomasse à traiter et selon les conditions exactes du procédé choisi, le taux de conversion carbone se situe entre 90 et jusqu’à 99%.

A la sortie du gazéifieur, le gaz produit à haute pression (supérieur à 200 bars) est séparé du résidu liquide puis épuré afin d’obtenir un gaz renouvelable directement injectable dans le réseau.

En plus de la production du gaz, le procédé permet de récupérer des sels minéraux et de l’ammonium valorisables en tant que fertilisants dans l’agriculture ainsi que de l’eau claire.

Une innovation complémentaire aux autres filières de production de gaz renouvelable.

Permettant d’élargir la variété de déchets valorisables en gaz renouvelables, la gazéification hydrothermale s’inscrit comme une technologie complémentaire ou alternative à la méthanisation ou à la pyrogazéification. Avec le développement de la méthanisation attendu dans le domaine agricole et les stations d’épuration, elle pourrait jouer un rôle essentiel dans la valorisation des importants volumes de digestats non valorisables localement.

La gazéification hydrothermale représente également une alternative potentielle à la méthanisation en cas de contrainte sur la valorisation des digestats, ce qui serait par exemple le cas en cas de manque de surface d’épandage ou d’interdiction (exemple digestats de boues). Comme la pyrogazéification pour les déchets solides, elle offre une voie de valorisation pour les déchets de biomasses liquides en évitant le recours à l’incinération et/ou la mise en décharge et en offrant surtout une forte réduction (94 à 99%) des déchets ultimes.

La gazéification hydrothermale s’intègre parfaitement dans les approches de développement durable, d’économie circulaire, de bioéconomie et de réduction drastique des déchets et résidus ultimes aussi bien dans les territoires que dans les villes et agglomérations.