Gaz Naturel Liquéfié : un carburant alternatif pour les bateaux du futur

Une nouvelle génération de navires (ferry, cargos, bateaux de croisière, …) peut fonctionner au GNL et réduire de manière significative la pollution liée au transport maritime et fluvial.

Une nouvelle génération de navires (ferries, cargos, bateaux de croisière, …) peut fonctionner au GNL et réduire de manière significative la pollution liée au transport maritime et fluvial.

La pollution maritime, nouvel enjeu de santé publique en Europe ? Selon une récente étude 1, pas moins de 60 000 décès prématurés pourraient être imputés aux émissions polluantes en mer. En cause, l’utilisation du fioul lourd comme carburant par les paquebots, les navires marchands et les bateaux de croisières, émettant en grandes quantité des particules fines, des oxydes d’azote et des oxydes de soufre.

La réglementation internationale s’est emparée du sujet en instaurant, avec la convention MARPOL, des zones d’émissions contrôlées où la teneur des carburants en soufre ne doit pas dépasser 0,1%. C’est le cas dans la Manche, en mer Baltique ainsi que dans les zones côtières américaines et canadiennes.

 

Une nouvelle génération de bateaux alimentés au GNL

Quelles solutions pour les armateurs pour limiter leur impact sur l’environnement et sur la santé ? Le Gaz Naturel Liquéfié (GNL) apparaît clairement comme une énergie d’avenir, en permettant de réduire de 90% les oxydes de soufre, de 95% les particules fines, de 80% des oxydes d’azote et jusqu’à 20% les émissions de CO2 des navires. Un impact majeur sur la pollution maritime, combiné à un avantage économique : utilisé dans ces conditions, les navires fonctionnant au GNL consomment en effet moins que ceux au fioul.

 

L’industrie maritime assure sa transition énergétique et les nouveaux projets foisonnent.

CMA CGM, numéro 3 mondial du transport maritime, a annoncé en 2017 la commande à un chantier naval chinois de neuf plus gros porte-conteneurs jamais construits, capables de transporter chacun 22.000 conteneurs, et qui vont fonctionner au GNL. Le port de Rotterdam, en Hollande, dispose dores et déjà de plusieurs quais permettant aux navires GNL de s’approvisionner. En France, le Honfleur, un ferry de 187 mètres alimenté en GNL, doit lever l’ancre en 2019 pour relier Caen, Ouistreham et Portsmouth. L’armateur breton Brittany Ferries est à l’origine du projet.

 

Un important soutien politique en France et à l’international

Le GNL en tant que carburant marin est indispensable à l’installation d’une transition énergétique sur le long terme. Son déploiement s’inscrit dans des objectifs environnementaux fixés au niveau national et européen. Les enjeux et directives liés à son développement sont d’ailleurs matérialisés dans la loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte du 17 août 2015 et la politique européenne de réduction des gaz à effet de serre et d’amélioration de la qualité de l’air.

Ainsi, en plus de la mise en place de zones de contrôle des émissions de souffre, il est dorénavant imposé aux états membres de l’Union Européenne qu'un nombre suffisant de points de ravitaillement en gaz naturel liquéfié soient installés dans leurs ports maritimes, afin de faciliter la circulation des navires sur l'ensemble du réseau transeuropéen de transport d’ici fin 2025.

 

1 Etude de l’université de Rostock et du centre de recherche sur l’environnement allemand Helmholtz Zentrum Munich – juin 2015.